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Fiches notions: Les biens publics ou collectifs

Est-il jamais venu à l’idée d’un quelconque entrepreneur de vendre de l’air ? Son affaire serait pour le moins hasardeuse. Il y a même de forte chance qu’elle s’achève en bérézina… Qui, en effet, achèteraient un tel bien, alors que celui-ci est disponible gratuitement et sans aucune restriction partout (du moins dans l’atmosphère terrestre) ?


Ce bien est un bien public. Il est très peu probable qu’il soit jamais pris en charge par un agent économique privé. Parce que deux caractéristiques l’excluent du jeu des rationalités économiques individuelles : c’est un bien non-exclusif et non-rival.

  • Non-exclusif : cela signifie que l’on ne peut empêcher quiconque d’en user, on ne peut exclure aucun usager, que celui-ci ait payé ou non la prestation
  • Non-rival : le fait qu’une personne use de ce bien ne nuit pas aux autres usagers potentiels. Il n’y a pas de rivalité entre les usagers. Une fois que ce bien est disponible pour un usager, il y en a pour tout le monde, en quantité infinie.

Ainsi en est-il d’un film projeté en plein air, un train peu utilisé et peu contrôlé, l’armée de défense nationale, la formule chimique d’un médicament, une fois dévoilée ainsi que tous les savoirs obtenus après un lourd investissement de recherche… Etant donné le caractère non-exclusif et non-rival de ces biens, les agents seront tentés d’en user de manière clandestine, sans payer. Ces comportements de passagers clandestins annihilent les perspectives de profit de telles entreprises. Finalement, même si chacun reconnaît l’utilité de la production de tels biens, personne ne sera prêt à s’y atteler.


Les biens publics doivent donc être pris en charge par un acteur qui puisse contraindre chacun à participer à leurs financements. Voilà pourquoi l’Etat, qui a seul le pouvoir de lever l’impôt sur son territoire, doit de substituer aux marchés pour la mise en place d’une police et d’une justice, d’une armée, d’un système éducatif, de routes sans péages, de ports, le développement de la recherche fondamentale et du savoir, etc.…


Aujourd’hui, la musique ou les films diffusés sur Internet tendent à devenir des biens publics : une fois mis en ligne, ils deviennent non-exclusifs et non-rivaux (ou presque) vis à vis de la collectivité (du moins de la collectivité, immense, des internautes). La diffusion de ces œuvres par Internet permet la quasi-généralisation de comportements de passagers clandestins à leur égard. Dans ces conditions, la rentabilité économique de la production de tels biens est ainsi menacée, et la motivation des agents économiques (qui obéissent à une stricte logique de profit) à en produire risque d’en être sérieusement diminuée, voire anéanties.