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La politique économique au sens
restreint du terme consiste d’abord en une politique
conjoncturelle : c’est tout l’art du policy-mix
de savoir encadrer au mieux l’évolution
de la vie économique, afin que les milliers de
décisions individuelles décentralisées
aboutissent au plus de croissance possible des richesses
nationales.
Cependant, au-delà de cette gestion de la conjoncture
immédiate, l’Etat doit aussi veiller à
l’évolution des structures qui sous-tendent
la vie économique. En effet, entre les
biens publics, dont la production est utile mais
non rentable, et les externalités, (liens vers
fiche-notion « externalités » à
venir ) effets collatéraux de l’activité
économique non pris en compte par le système
des prix, les marchés présentent certaines
défaillances qui les empêchent d’assurer
seuls le développement optimal des structures.
Pour que sa politique économique soit complète,
l’Etat doit donc y intégrer des considérations
structurelles. Le déploiement de l’activité
économique optimale suppose d’abord des
investissements dans des infrastructures matérielles.
Il suppose aussi de considérer l’impact
environnemental, écologique, immédiat
et à venir de la vie économique, afin
de ne pas saper ses ressources fondamentales (eau, air,
énergie…). Enfin, dorénavant, au
sein de nos économies occidentales, il est carrément
crucial aussi de se préoccuper du développement
du savoir. Il s’agit d’abord de la formation
de travailleurs suffisamment qualifiés pour contribuer
à une économie fondée de plus en
plus sur les technologies avancées et la connaissance.
Il s’agit aussi du soutien à la recherche
et à l’approfondissement du savoir. D’ailleurs,
le retard structurel de l’Europe dans ce domaine
est avancé comme la première explication
de ses difficultés conjoncturelles actuelles,
comme de son retard de croissance vis à vis des
Etats-Unis. A tel point que les Etats membre de l’Union
Européenne ont lancé un programme commun
à cet égard, à Lisbonne en mars
2000. Ce programme prône des réformes structurelles
en faveur d’une « société
de la connaissance » afin de permettre une véritable
politique de plein-emploi au sein de l’Union.
Mais, alors que la gestion de la conjoncture immédiate
est plus ou moins bien pris en charge par le système
électoral qui structure la vie politique, la
politique structurelle, qui se déploie dans un
horizon long (sur plusieurs cycles économiques,
voire sur plusieurs générations), est
souvent malmenée au sein de la vie politique.
Or, la politique conjoncturelle ne peut permettre, seule,
le déploiement optimal de l’activité
économique. Elle opère à trop courte
vue. Les problématiques nouvelles de «
développement durable » soulignent des
plus en plus les insuffisances, à cet égard,
des politiques économiques passées. De
plus, aujourd’hui, l’efficacité conjoncturelle
de la politique
monétaire est sérieusement réduite
par la pression constante de marchés financiers
libéralisées et mondialisées. Et
le déploiement de politiques
budgétaires conjoncturelles efficaces est
limité par l’importance des coûts
fixes de l’Etat social moderne et l’ouverture
accrue des économies. Les errements récents
du policy-mix
plaide donc pour une plus grande responsabilité
des gouvernements vis à vis des évolutions
structurelles de nos économies.
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