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Une force régulatrice : les stabilisateurs automatiques

Dans une certaine mesure, le budget de l’Etat agit spontanément comme régulateur de la vie économique, par le jeu des « stabilisateurs automatiques ». La seule existence d’un Etat et d’un dispositif de prélèvements/ prestations sociales lisse les cahots de la vie économique. En effet, lorsque l’économie connaît un ralentissement, les entrées fiscales, indexées sur les différents profits et revenus, diminuent, alors que, pour répondre à des besoins sociaux plus accrus en raison de la morosité économique, les prestations sociales sont plus sollicitées. Le budget de l’Etat est déséquilibré et tend au déficit, mais il prend ainsi en charge une part des difficultés. Ainsi, les agents privés sont en partie préservés des heurts de la conjoncture, ce qui permet de sauvegarder, dans une certaine mesure, leur dynamisme, et favorise la reprise. Lors de la crise de 1929, en l’absence de tels dispositifs d’atténuation, les économies américaine puis européennes s’était retrouvées profondément et très durablement sinistrées. Rien n’avait pu stoppé, ou, au moins, modéré, l’onde de choc du krach boursier. Les « stabilisateurs automatiques » jouent, aujourd’hui, un rôle de « garde-fous ».


Ces mécanismes de stabilisation automatique expliquent en tout cas que l’équilibre budgétaire d’un Etat ne soit pas la panacée. Il est salvateur de laisser se creuser un déficit d’une telle nature en période difficile. D’ailleurs, les « stabilisateurs automatiques » agissent spontanément en sens inverse, en période faste. Les entrées fiscales augmentent alors que les besoins sociaux diminuent, le budget de l’Etat peut se « refaire une santé », après avoir permis de préserver celle des agents privés, dans l’attente de la reprise. Cette stabilisation automatique doit permettre, à long terme, de lisser les heurts de la conjoncture, dans un sens comme dans l’autre, ce qui favorise la confiance des agents privés et la sérénité de l’activité économique.